Le prix du coton flambe: les prix du textile au hausse pour cet été

Une récolte de coton en Inde

Le prix des t-shirts, vestes, pull-overs, draps de lit ou linge de toilette va augmenter dès cet été.


Cette augmentation des prix sera en moyenne de 15%, a indiqué le 10 février Lucien Deveaux, président de l’Union des industries textiles, en marge du salon des tissus d’habillement Première Vision, au Parc des expositions de Villepinte. Une augmentation qui vise à aider fabricants et distributeurs à amortir la flambée des cours du coton.
Après avoir hésité à répercuter l’envolée du coût des matières premières, l’industrie du textile et de l’habillement s’est décidé. « Les hausses des prix des vêtements sont inéluctables si l’on veut continuer à avoir une industrie textile dans ce pays », défend Benoît Hacot, directeur général du spécialiste de linge Hacot & Colombier et, par ailleurs, président de la Fédération française des industries lainières et cotonnières.

Les cours du coton ont été multipliés par plus de deux depuis 2009. A New York, les cours pour livraison en mars ont frôlé les 2 dollars la livre. Les autres matières textiles naturelles ont subi des hausses importantes: la laine s’est envolée d’environ 38% en un an, tandis que le prix de la soie a été multiplié par deux. Or les matières premières représentent 8 à 20% du prix de revient industriel d’un vêtement et jusqu’à 40% de celui d’un drap de lit, selon l’Institut français de la mode.

La hausse des prix de vente de la collection printemps-été 2011 dans les magasins se situera entre 3 et 15%, selon l’UIT. La spéculation n’est pas pour beaucoup dans cet emballement des prix,  assurent les professionnels. Pour la saison 2010/11, la production mondiale de coton représente 115,5 millions de balles, alors que la consommation est estimée à 116,6 millions de balles, ce qui fait un déficit de 1,1 million.

L’Inde, deuxième exportateur mondial, a limité depuis le 1er décembre ses exportations. Les inondations au Pakistan et en Australie, deux gros producteurs, ont asséché l’offre. Avant la crise, l’abondance de l’offre de fibre blanche et le niveau bas des prix avaient incité les producteurs américains et asiatiques à se tourner vers d’autres cultures plus rémunératrices, comme les céréales et les oléagineux.

Des vêtements chers pourraient avoir un effet boomerang, craint le secteur, qui redoute des difficultés d’approvisionnement et un recul des volumes de vente.  »Les volumes de vente pourraient diminuer d’environ 10% », estime M. Hacot, dans la mesure où les enseignes ont habitué les consommateurs à des promotions et à des politiques de casse des prix favorisées par la délocalisation des usines en Asie, où la main d’oeuvre est bon marché. « Les gens ne sont pas prêts à payer plus cher, à perdre du pouvoir d’achat », redoute Rodolphe Deveaux, directeur de l’enseigne Armand Thiery.

Nombre de fabricants et de distributeurs prévoient de recourir de plus en plus au polyester pour compenser le coton cher et continuer d’attirer les clients. Selon l’IFM, les prix moyens des vêtements ont baissé de 15% entre 1999 et 2009, alors que les quantités consommées ont augmenté de 20%.

source : france2.fr