Cambodge: Enquête après des évanouissements dans des usines textiles

Une vingtaine de grandes marques de textile vont enquêter au Cambodge sur une série d’évanouissements dans des usines de confection, a indiqué l’Organisation internationale du travail (OIT) après une longue série d’incidents.

Des centaines d’ouvriers se sont évanouis récemment

Le personnel de l’usine de confection de Kampong Chnnang où plus de 100 travailleurs se sont évanouies le 23 août 2011 en tricotant des pulls pour la marque mondiale H&M a été obligé à effectuer jusqu’à six heures supplémentaires par jour durant environ deux mois avant l’incident, a déclaré hier un représentant de leur syndicat. L’usine est détenue par une société de Macao et produit des articles pour plusieurs marques mondiales, y compris Benetton et H&M, dans des usines en Chine et au Cambodge.

Les sociétés étrangères ont promis d’apporter ressources et expertise pour tenter de comprendre pourquoi des centaines d’ouvriers se sont évanouis récemment dans des usines de leurs fournisseurs, a précisé l’organisation onusienne mardi soir, après une réunion à Phnom Penh. Parmi elles figurent notamment les marques Gap, H&M, Walmart et Target, a précisé un participant à la réunion sous couvert de l’anonymat.

«Il est urgent de mener de plus amples recherches pour identifier les causes possibles de ce phénomène d’évanouissements, et éliminer celles que nous connaissons déjà, dans des domaines tels que la sécurité sur les postes de travail, la santé et la nutrition», a indiqué Tuomo Poutiainen, de l’OIT. Le responsable a salué la participation des marques et souligné que le gouvernement cambodgien avait mis en place un groupe inter-ministériel.

Une «odeur bizarre»

L’OIT fait état d’une dizaine d’incidents de ce type cette année dans un pays qui compte quelque 300 usines textile tournées vers l’exportation. Ils sont habituellement attribués à la mauvaise ventilation et à l’exposition des ouvriers à des produits dangereux. En août, après que 300 ouvriers aient été hospitalisés dans une usine en l’espace de deux jours, Chea Mony, patron du Syndicat Free Trade, avait indiqué que plusieurs ouvriers s’étaient plaints d’une «odeur bizarre» avant de s’évanouir.

Quelques mois auparavant, la marque allemande d’articles de sport Puma avait attribué un incident similaire au non respect par un fournisseur des horaires de travail et des règles de sécurité.

L’industrie textile est une source très importante de devises pour la fragile économie cambodgienne. Elle emploie 300.000 personnes, essentiellement des femmes, et a été secouée l’an passé par un grand mouvement social portant sur les conditions de travail dans l’ensemble de la filière.

source : AFP